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(Auteur Gabriel Ordinas Marcé)
1. LE PORT DE SÓLLER
Le point de départ de notre première promenade est le restaurant Marisol, dont le bâtiment rappelle celui d’une ancienne gare. Il fut en effet construit en 1913 dans cette intention. En laissant le magasin de souvenirs sur votre droite, ainsi que d’autres boutiques derrière vous, et en tournant à gauche, vous arrivez à Moll de Fora, construit entre 1930 et 1935 comme agrandissement et modernisation de la Riba, l’ancien quartier commercial. La Riba servait autrefois à préparer et à enregistrer les caroubes, les agrumes et autres produits typiques de la vallée, avant d’être chargés sur des felouques, des chebecs, des brigantins, des paquebots et des bateaux à vapeur, pour être affrétés en direction de la péninsule et du sud de la France. D’ici, vous avez la possibilité d’entreprendre quelques unes des plus belles excursions en bateau vers différents lieux de la côte nord de l’île : le torrent de Pareis, Sa Calobra, Tuent, la crique de Deià, Sa Foradada et Sant Elm.
En se promenant le long de la côte, vous passerez devant la halle aux poissons, la jetée des pécheurs, jusqu’aux entrepôts et aux docks où les bateaux sont remis en état et repeints.
Pour terminer, vous pouvez visiter le quartier typique de Santa Caterina, qui vous donnera un aperçu de la vie des pécheurs. Commencez votre promenade en montant la rue De Santa Caterina, à la hauteur du croisement du chemin Del Cingle, où se trouvent les derniers magasins du port, face aux entrepôts. A cet endroit, les bâtiments datent du début du Xxe siègle, portant les marques du style art nouveau de cette époque. Dans cette portion de rue, vous remarquerez sans doute, les sculptures de poissons et de lions des consoles du balcon de la maison El Pirata (entrée Santa Caterina, 8), ainsi que la façade de la maison Can Cardell (Santa Caterina, 18). Continuez en prenant l’escalier de la rue Sant Ramon de Penyafort, situésur la gauche, à côte de la fontaine publique. Allez jusqu’à la chapelle particulière du même nom, qui se trouve au bout de la rue et est flanquée de cyprès. La chapelle Sant Ramon de Penyafort, <<oratorio de Sant Ramon de Penyafort>>, fut construite au milieu du XVIIe siècle, en style néoclassique et financée par les pécheurs. Elle se trouve près de l’endroit, où selon la légende, Saint Ramon de Penyafort entreprit son voyage pour Barcelone. La façade en ciment enduit de chaux de la chapelle est dénuée de tout décor. Seule la partie supérieure possède un œil de bœuf en verre polychrome. Vous pénétrez dans la chapelle par le portail. Elle ne comporte qu’une seule nef, surplombée d’un plafond en berceau. La base de la chapelle est rectangulaire. En 1936, le bâtiment réservé à l’office fut condamné et est dès lors administré par la Ministère de la Marine. Au cours de l’entrée en possession de la chapelle par le Ministère, le retable de l’abside fut transféré dans l’actuelle église Sant Ramon de Penyafort, qui devrait prochainement être restaurée, dans le cadre d’un plan d’assainissement.
Si vous continuez votre promenade par l’escalier extérieur se trouvant à côte de l’église, vous arrivez dans la rue De Santa Apol.lònia. A cet endroit, vous pouvez tourner à gauche en direction du Mirador de Santa Caterina et admirer les nombreux décors architecturaux qui donnent au quartier des pécheurs son caractères typique. En prenant la rue de Llevant, récemment refaite, puis la rue de Mallorca, vous arrivez au belvédère de la Plaça de Santa Caterina, d’où les pécheurs observent les changements météorologiques. A cet endroit, une vue magnifique sur la chaîne de Tramuntana, la mer et l’entrée du port entourée partiellement par la côte rocheuse s’offre àvous. A l’ouest s’elève la chapelle Santa Caterina, construite au XIIIe siècle, rasée en 1542 par des pirates algériens et leur chef Dragut, puis reconstruite huit ans plus tard. Au Moyen-Âge, cette chapelle était une des églises préférées des fidèles et était même considérée comme le lieu de pèlerinage le plus important de la vallée. Depuis 1998, cette dernière est restaurée. Le portail d’arc en plein cintre en pierres d’angle et la fenêtre ronde de l’ancienne tour de défense du XVIe siècle, tout comme l’abside avec sa fenêtre en forme d’Entonnoir rappelant un créneau, ainsi que le fronton et le campanile avec son arc sont des éléments typiques qui ont été conservés depuis leur construction d’origine. Le crucifix en pierre qui se trouve à droite du portail (1692) porte un Christ. De l’autre, se trouve le corps du Christ. Des deux côtés du crucifix, on retrouve un décor floral. Devant le portail, vous pouvez voir la voûte en berceau de la tour, ainsi que la citerne souterraine. Dans la cour intérieure, vous trouvez sur votre droite, la chapelle datant du XVIe siècle, enrichie de nombreux éléments architecturaux issus de styles d’époques différentes. D’ici, le couloir suivant vous conduit au restaurant et au mirador. Vous passerez devant une niche abritant l’effigie de Santa Caterina et sous le portail en plein cintre menant au jardin. Après la visite de la chapelle et du belvédère, tournez à gauche et descendez la rue de Santa Caterina. Des jardinets situés du côte droit de la rue, une vue pleine d’attraits sur la baie et sur les toits du quartier des pécheurs vous est offerte. En passant, vous pouvez visiter l’édifice de style art nouveau du nº 48 de la rue De Santa Caterina. Quelques pas plus loin, regardez la résidence Can Codony (Santa Caterina, 44), construite par Antoni Vicens en 1908. En passant devant l’hôtel particulier Sa posada de s’Artesà (Marina, 16) sur votre gauche, vous arrivez quelques mètres plus loin dans une rue piétonnière, dite Carrer de Jaume Torrens, aux nombreux restaurants, magasins et épiceries ; cette dernière vous conduit à la place De Joan Miró. Si vous prenez à droite la rue Del Canonge Oliver, vous passez devant la Casa del Mar (Canonge Oliver, 14) et arrivez directement à l’église paroissiale Sant Ramon de Penyafort, dont la construction fut entreprise en 1938. A gauche, vous voyez la tour de l’église, datant de 1964, avec sa base carrée qui en sa dernière partie s’élargit en octogone. La nef de l’église avec sa surface rectangulaire fut conçue sans nef latérale. L’édifice est recouvert d’un toit à double pente. Les chapelles situées de chaque côte de la nef sont consacrées à l’adoration de Jésus de Nazareth, de Sainte Catherine d’Alexandrie, de la Mère de Carme, de Sant Ramon de Penyafort et de Saint Antoine de Viana. De la nef, partent ensuite un portail latéral et la sacristie.
Ici, le petit retable de 1574 consacré à Sainte Catherine d’Alexandrie est impressionnant. Ce dernier se trouvait à l’origine dans le sanctuaire de la chapelle de Santa Caterina et fut réalisé par l’ébéniste Llucià Arbona et le peintre Mateu López. Devant le retable en bois de style Renaissance est érigée une statue polychrome de Santa Caterina. Le retable en bois de la chapelle de Sant Ramon de Penyafort déjà citée précédemment fut transféré du sanctuaire de la chapelle particulière construite au XVIIe siècle.
Devant l’autel placé dans le chœur, se trouve une statue du Christ Saint de la Santé (XVIIe siècle) impressionnante venant de la chapelle des Sœurs de la Charité de Sóller. Adroite de l’autel, se trouve la colonne baptismale et à gauche, un chaudron en cuivre, dans lequel les pécheurs laissaient tremper autrefois des écorces de pin pour teindre leurs cordages et leurs filets. Aujourd’hui, ce chaudron est uniquement décoratif.
Après avoir fait le tour de l’église paroissiale, vous vous retrouvez dans la rue Del Canonge Oliver. Si vous traversez la rue Torrent de la Figuera, et tournez ensuite à gauche, montez l’escalier extérieur situé au bout de la rangée de magasins, vous arrivez à l’ancienne maison seigneuriale du port, actuellement l’hôtel Es Port. Ce bâtiment du XVIIe et XVIIIe siècle de style des demeures majorquines a conservé son caractère d’origine. Devant l’esplanade avec son jardin luxuriant et soigné, s’élève une tour de défense carrée, couverte d’un toit à double pente. Cette tour servait de forteresse et de refuge aux anciens habitants de la demeure en cas d’attaque. La tour dispose d’une salle à voûte sur croisée d’ogives dont a clef de voûte est gravée d’une anagramme chrétienne. On en déduit que cette salle était autrefois utilisée comme chapelle. En passant par un portail arrondi nous arrivons aux salles d’habitations (1614-1646). A droite se trouvent les écuries pour les bêtes de sommes et les bêtes de selle. A gauche, la chapelle construite en 1728, contiguë à l’écurie, possède une salle rectangulaire. Devant le retable de style baroque, se trouve une statue polychrome de Saint Joseph, tenant l’enfant Jésus par la main.
Par la porte de gauche, vous arrivez à l’ancienne cuisine, aujourd’hui réception de l’hôtel. Une vieille cuisinière rustique, d’autres outils, ainsi que des armes datant du XVIIe et XVIIIe siècle, rappellent le passé. Par la porte arrière, vous atteignez la cave, où se trouvait jadis <<el most>> (le moût) (1747). De là vous arrivez au moulin à huile qui a été presque entièrement conservé. Après cette promenade, en quittant l’hôtel Es Port, vous pouvez redescendre en flânant par l’escalier précédemment nommé, pour rejoindre la rue commerçante jusqu’à la plage. Là, vous vous dirigez vers votre gauche et continuez votre ballade le long de la promenade. À L’Embarcador des Través, le lieu d’embarquement situé à l’entrée du port, il est intéressant de s’attarder un moment, car à cet endroit, trois constructions sont remarquables. A gauche de l’entrée du port, vous voyez le phare de Sa Punta Grossa et de Cap Gros, construit en 1859. A droite, à quatre mètres seulement du quai, vous pouvez reconnaître, à hauteur d’une grotte naturelle accessible par la mer, les ruines de l’ancien phare Des Bufador ou Sa Creu. Ce phare fut construit entre 1862 et 1864, d’après les plans de l’ingénieur Emili Pou et se trouve à 11 mètres au-dessus du niveau de la mer. Quand il s’avéra que le phare ne remplissait plus les critères de sécurité, on entreprit, tout près, la construction du nouveau phare de Sa Creu, lequel semble quelque peu <<coincé>> dans le paysage. Bien que la construction du phare date de l’époque entre 1928 et 1930, ce n’est qu’en 1945 qu’ilcommença à fonctionner. Le bâtiment de forme tronconique atteint une hauteur de 13 mètres. En continuant votre tour le long de la promenade, vous arriver à la place de la Torre. De là, vous pouvez reconnaître sur votre droite un grand mur rond, qui appartient àla forteresse du port, Torre de l’Alcaid ou Castell del Port. Cette forteresse fut construite entre 1543 et 1545, afin de repousser une nouvelle attaque éventuelle de pirates, comme celle de l’année antérieure, au cours de laquelle la chapelle de Santa Caterina fut détruite. Actuellement, la tour est une propriété privée et est en partie utilisée comme habitation particulière. Sur le portail d’entrée, on retrouve, gravé dans la pierre du milieu, le blason de Sóller, datant de 1545 ; c’est l’un des plus anciens.
A la place De la Torre, où le tramway s’arrête, vous êtes arrivés au bout de notre premier itinéraire.
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2. SÓLLER I (La rue Isabel II, le centre culturel et l’église paroissiale)
La gare de chemin de fer située à l’ouest de Sóller est le point de départ de notre promenade. A cet endroit, vous voyez maintenant deux plaques commémoratives en l’honneur du constructeur Jeroni Estades et du <<poète des orangers>>, Josep Lluís Pons i Gallarza. A votre gauche la place S’Espanya et à votre droite l’office du tourisme aujourd’hui dans un wagon postal datant de 1912, aménagé pour son nouvel emploi. D’ici, vous avez une vue imprenable sur l’église et le clocher. A votre gauche, l’une des rues les plus populaires de la ville, la rue D’Isabel II qui vous conduit à la prochaine curiosité : la demeure baroque Ca s’Hereu qui setrouve au coin de la rue D’en Canals (Canals, 1). Ce qui est gravé sur la fenêtre nous indique que l’édifice fut construit en 1786. Vous remarquez tout particulièrement le magnifique portail en arc en pierre ainsi que les ouvertures surprenantes dans le vestibule. La rue Isabel II recèle de bien d’autres curiosités, par exemple la maison natale de Guillem Colom Casasnoves, les tuiles peintes de la maison au nº 25, les stations de chemin de croix, le palais art nouveau CanMart (nº. 29) et la demeure, la Posada de Monnàber (nº. 37) où est né le poète Guillem Colom i Ferrà. Au nº 30 de la rue D’Isabel II, se trouve la maison Cas Pué. Ici vous pouvez tournez à droite et flâner le long de la rue Bisbe Nadal – l’évêque Nadal compte parmi les bienfaiteurs de la ville de Sóller -, la rue Volta Piquera, la rue Jesús et la rue De Can Tamany. Au nº 2 de la rue De Can Tamany, se trouve la demeure, la Posada Cant Tamany, dont le portail est remarquable. En tournant à droite dans la rue Quadrado, appréciez la vue magnifique sur le rocher Des Migdia. Le portail d’entrée façonné de la bâtisse baroque Can Roses, au nº 9 de la rue Quadrado est remarquable. La maison au nº 18 situéesur la petite place avez son portail arrondi est aussi très belle. Comme l’indiquent les inscriptions à la fenêtre, la maison fut construite en 1744. Les volets son en bois travaillé. De la rue Quadrado, vous débouchez sur une autre artère principale de Sóller : la Gran Via. Au croisement des deux rues, vous serez surpris par l’édifice historique de la Rectoria, réformé en 1896. C’est surtout le portail d’entrée décoré d’un blason et couronné d’un second étage en trompe-l’œil qui est intéressant. L’intérieur du bâtiment est, lui aussi, plein d’intérêt.
Ensuite, vous apprécierez sans doute une promenade sous les arbres de la Gran Via. Une grande partie des bâtiments de style art nouveau est concentrée dans cette avenue. Vous pouvez vous arrêter un instant devant les jardins de Can Canals (nº 8), Can Dulce, centre culturel, ou Can Cremat, palais impressionnant, construit en 1920. De nombreux autres édifices de cette rue méritent, eux aussi, votre attention. Un des traits caractéristiques de ces édifices est leur décoration avec des éléments en fer forgé aux fenêtres. Des éléments semblables se retrouvent sur quelques fontaines publiques.
A l’autre bout de la Gran Via se trouve la place D’Amèrica. La maison au nº 1- Can Cetre- est l’un des plus beaux édifices de facture art nouveau de la ville. Les carreaux de céramiques que vous admirerez certainement viennent de l’usine la Roqueta. A droite de la place D’Amèrica, vous arrivez en prenant la rue Cetre dans une autre rue principale de Sóller dite Carrer Mar, qui conduit au port. De là, vous retournez au centre ville. Mais avant, il est indispensable de regarder la maison de Sa Diligència, S’Hostal, Can Canals, Can Puig et bien sûr le musée. C’est l’architecture extérieure de la maison de Sa Diligència (nº 44), qui est le plus impressionnant. Au nº 33, sur la façade de S’Hostal, édifice intéressant du XVIe siècle, récemment rénové, remarquez le portail en plein cintre. Au bout de la rue Mar, nous vous recommandons de visiter le centre culturel, <<Casal de Cultura>>, (nº 13). Vous pénétrez dans l’édifice par le portail en plein cintre, orné d’un blason héraldique sur lequel on peut lire la date de 1740. Il s’agit très certainement de l’année de construction du bâtiment. Le centre culturel abrite un musée d’ethnologie dans lequel sont entre autres exposés : une ancienne machine d’imprimerie, des sculptures et des tableaux religieux, des collections de céramiques, des outils agricoles ainsi qu’une cuisine ancienne et ses ustensiles typiques. Vous pouvez, de plus visiter la partie du musée consacrée à l’archéologie, ainsi que la chapelle avec sa voûte sur croisée d’ogives et la statue polychrome de Sant Antoni Abat. Le musée possède aussi une intéressante collection d’ex-voto.
Après la visite du musée, reprenez la rue Mar Jusqu’au portail en plein cintre du nº 2 et tournez à droite dans la rue Romaguera. Vous rejoignez ainsi les rails de la voie du tramway, que vous traversez prudemment pour arriver aux halles du marché municipal (à droite). Vous y trouverez des produits locaux. Tout près de la place du marché, vous verrez un pont sur lequel vous profiterez de la vue magnifique sur les alentours. De la Place du marché, prenez la rue Vives. Cette rue est une des plus anciennes de la ville ; malgré leur grand âge, les pavés sont très bien conservés. Vous arrivez ainsi à la place De la Constitució, centre névralgique de la ville, où se concentrent d’autres édifices de grand intérêt. Si vous avez le goût du détail, vous apprécierez certainement l’effigie de Saint Sébastien, située sur votre gauche dans une niche murale. Vous remarquerez tout de suite la banque de Sóller et l’hôtel de ville, ou Can Bordils. Néanmoins, l’édifice le plus représentatif de la place, si ce n’est de toute la vallée, est l’église paroissiale Sant Bartomeu, appelée aussi la cathédrale de la montagne. Avant d’entrer dans l’église, regardez le portail de la mairie donnant sur la rue Jeroni Estades, avec la blason de la ville et la date de 1733. L’actuelle église paroissiale Sant Bartomeu est le résultat de phases successives de construction. Cette dernière en porte les traces et est aujourd’hui l’un des monuments les plus singuliers de la région. On suppose que sa construction fut décrétée aux environs de 1236 par le surintendant de Tarragona. Au XIVe siècle, l’édifice se détériore de plus en plus et l’on entreprend des travaux de rénovation au siècle suivant. Au XVIe siècle, l’église se trouvait au centre d’une petite forteresse, érigée pour protéger la population de la situation générale peu sûre et des évènements de 1561. Au XVIIe siècle, l’édifice qui était resté intact depuis le XVe siècle, subit un changement important. Des parties de la construction romano-gothique furent détruites et substituées par des éléments d’architecture baroque. La bâtisse possède désormais une voûte et une chapelle, la capella del Roser. L’orientation du temple est elle aussi changée. La dernière restauration de l’églisedate de 1904 et suit l’esthétique art nouveau de l’époque. On doit la réalisation de la façade extérieure à l’architecte Joan Rubió.
La nef de l’église de l’édifice baroque s’élève à 20 mètres de hauteur et ne possède pas de nefs latérales. La voûte est divisée en sept travées. Les clefs de voûte sont en albâtre et décorées de représentations de Saint Bartolomé, la Mère de Dieu de Bonany, le blason de Sóller, la Mère de Dieu de la Victoire, de Saint Pierre et de la Mère de Dieu. Derrière l’église se trouvait le cimetière municipal.
Les chapelles latérales de droite sont consacrées au Sacrement du Baptême, au Cœur de Jésus, à Saint Pierre, au rosaire, à Saint Sébastien ainsi qu’à Saint Antoine. Les chapelles latérales de gauche sont réservées aux prières de la Fête des Morts, de la Sainte Mère des Douleurs, de la Sainte Mère de Carme, de Jésus, de l’Immaculée Conception, de Saint Joseph et de Saint Jean-Baptiste. Le chœurde l’église est flanqué de retables dont les sujets sont la vénération de Saint Grégoire le Grand et la Saine Famille. A côté du chœur, se trouve la sacristie.
La chapelle baptismale apparaîtra lors de la réforme de l’art nouveau. Son retable, datant de 1747, est une œuvre de Lluc Mesquida. Il a été réalisé à partir de la porte d’entrée de l’ancienne église baroque. Dans la chapelle dédiée au Cœurde Jésus, consacrée en 1913, se trouve une sculpture de Josep Llimona. Devant la chapelle Saint Pierre, se trouve un ensemble de sculptures : Saint Pierre, réalisé par Guillem Galmés, flanqué de deux autres statues des saints médecins, Cosme et Damià. La chapelle du Rosaire est la plus grande des chapelles latérales. Son plan en forme de croix latine est fermé par une voûte en berceau. Elle est de plus décorée de tableaux que nous devons à Lluc Mesquida. Le retable de la chapelle du Rosaire date du XVIIe siècle et montre des motifs en l’honneur de la Mère de Dieu du Rosaire.Les chapelles de Saint Sébastien et de Saint Antoine datent du XVIIIe siècle, alors que la sculpture de Saint Antoine qui s’y trouve a été réalisée par Guillem Galmés au XXe siècle. Entre les deux chapelles, un portail en marbre conduit à l’ancien cimetière.
Devant le retable restauré en 1937, consacré à Saint Grégoire le Grand, se trouve une statue du saint. Une statue gothique de la Mère de Dieu mérite une attention particulière. Cette dernière fut abîmée en 1561 par les Maures. Le retable suivant, installé près du Chœur, possède des motifs de la Sainte famille.
Devant la chapelle principale se trouve un grand retable baroque réalisé par Lluc Mesquida et Damià Oliver, ainsi que d’autres sculpteurs et peintres. La statue de Saint Barthélemy est l’œuvre de Joan de la Concha (1738). Tout près, la statue de la Mère de Dieu de Bonany fut réalisée par Guillem Carbonell. Le presbytère en marbre vermeil et noir date du XIXe siècle. Sur le blason de Sóller, se trouvant sur la voûte, on peut voir la date de la réalisation du grand autel : 1947.
Dans la sacristie, servant jadis de refuge, des objets de grande valeur sont exposés. Le tableau gothique représentant différents motifs de Saint Bernard est particulièrement remarquable.
La première des chapelles latérales de gauche, la chapelle des Morts fut construite lors de la transformation de l’époque art nouveau. Le Christ qui y est exposé, s’inspire du motif de l’action sacramentelle de la descente de la croix, le vendredi saint. Devant la chapelle, se trouve une sculpture de la grotte de Bethléem. La chapelle suivante est consacrée à la Mère des Douleurs et abrite une sculpture du XXe siècle. Aux pieds de la statue, vous voyez une figure de la Mère de Dieu en albâtre, datant du XIVe siècle. Devant la chapelle de la Mère de Dieu de Carme se trouve une figurine en bois polychrome du XVIIIe siècle. La prochaine chapelle est celle du Nom de Jésus. Un retable en pierre et ciment du XIXe s’y trouve. La chapelle y abrite de plus, une sculpture de Saint Marc, réalisée par Josep Llimona. L’image sainte faite par Salvador Torres, se trouvant devant la chapelle de l’Immaculée Conception est elle aussi du XIXe siècle. Les deux dernières chapelles sont consacrées à Saint Joseph et à Saint Jean Baptiste.
Après la visite de l’église paroissiale, vous pouvez suivre la voie du tramway jusqu’à la gare de Sóller, pour retrouver le point de départ de cette promenade.
Nous vous conseillons de réaliser cet itinéraire un samedi, car les commerçants ambulants exposent ce jour-là leurs marchandises, dans les rues avoisinantes de la place du marché.
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3. SÓLLER II (Ses Escolàpies, la Sang et les demeures “Posades”)
Au cours de cette promenade, vous découvrirez la partie est de Sóller. Le point de départ de notre itinéraire est de nouveau la gare. De là, traversez la place D’Espanya, sur laquelle vous voyez le monument à la mémoire des victimes de la Guerre Civile Espagnole (1949). Au nº 14 de la place, vous pouvez admirer quelques détails de construction faisant le charme de l’architecture typique de Sóller. Observez notamment l’une des stations marquant le chemin de croix qui allait de l’église paroissiale Sant Bartomeu au couvent franciscain. Devant vous s’élève le clocher à cinq étages de l’église, couronné d’une coupole pyramidale néo-gothique. La construction de l’édifice datant de 1900 environ, fut financée par les émigrants de Sóller. En passant devant le cimetière et le clocher, et en suivant la rue De Santa Bàrbara, puis la rue Joan Baptista Ensenyat, vous faîtes le chemin de croix qui contourne l’église. En suivant cet itinéraire, vous êtes passé devant trois stations de chemin de croix. Vous arrivez ensuite place De la Constitució, place magnifique, cœur de la vie sociale de Sóller Vous y découvrirez deux autres éléments très intéressants. D’abord, au milieu de la place, une fontaine à jet d’eau dont la construction fut ordonnée par l’Evêque de Sóller, Bernat Nadal, puis une autre fontaine, un peu plus loin, que comme tant d’autres dans la ville permet au visiteur d’étancher sa soif. Devant la petite chapelle, à la maison portant le nº 1, vous serez impressionné par l’édifice art nouveau dit « Banc de Sóller », auquel acontribué Joan Rubio. Bien que cette banque ait été construite avec les capitaux des émigrants de Sóller, le bâtiment ne fut inauguré qu’en 1912. Sur la façade, on remarque surtout le double balcon et l’inscription BANCO SOLLER, ainsi que l’emblème du blason de la ville, lion et soleil. Les grilles en fer forgé des fenêtres richement élaborées méritent elles aussi que vous vous y attardiez. En Passant par la rue Bonany, vousarrivez enfin à la rue Metge Mayol, où vous vous arrêtez devant le nº 2. A cet endroit, vous découvrez une petite station de chemin de croix quelque peu cachée, abritant une effigie de Saint Sébastian du XIXe siècle. Les habitants invoquaient ce dernier pour lutter contre les épidémiescomme celle de la peste . Dans le prolongement de la rue Bonany, portant désormais le nom de Carrer Sant Bartomeu, arrêtez-vous devant la maison de Cas Boter, au nº 7, afin d’admirer les superbes tuiles peintes sur l’avancée de la façade. En plus des multiples motifs et décorations végétales, vous remarquez l’inscription ALS251797 A.S, qui vous donne une idée de l’ancienneté de la toiture. Un peu plus loin, vous trouvez du côte droit de la rue, l’un des nombreux hôtels particuliers, appelés « posades », que vous rencontrerez au cours de cet itinéraire. Les « posades » remontent au temps où les propriétaires terriens importants de la vallée, possédaient une résidence à Sóller, symbole de pouvoir et de richesse. Au nº 24, vous pouvez reconnaître la demeure Cas Xorc à son portail d’entrée médiéval en arc en plein cintre en à vousseaux. En passant devant d’autres portails à vousseaux, jetez un coup d’œilsur la rue Sant Joan, dont les paves sont ceux d’origine. En continuant par la rue Sant Bartomeu, remarquez que cette dernière porte le nom Bisbe Mateu Colom, à partir du croisement avec la rue Batac. Sur votre gauche, vous voyez maintenant, l’un des édifices les plus impressionnants de votre parcours : la Capella de ses Escolàpies, ancien couvent de la communauté des Sœurs des Ecoles Pies. L’édifice abrite actuellement la bibliothèque municipale et un foyer pour personnes âgées. Le portail principal du couvent et la chapelle datent de l’époque où le bâtiment faisait office de couvent. Actuellement, la chapelle est utilisée lors de manifestations culturelles. L’ancienne église fut conçue par Bartomeu Ferrà en style néo-gothique et possède une base rectangulaire. La nef de l’église est recouverte de trois ogives. L’intérieur de la chapelle mérite que vous vous y attardiez. En effet, on y trouve un retable en bois, devant lequel une statue de la Sainte Vierge est exposée. Cette dernière est flanquée d’une sculpture de Saint Joseph, saint patron des travailleurs, et une sculpture de Saint Joseph de Calassanç. Après avoir visité la chapelle, vous continuez votre chemin par la rue Bisbe Colom (évêque d’Osca). Dans la rue Josep Rullan i Mir, laquelle doit son nom à un historien célèbre de la région, tournez à gauche. Avant, jetez un œil sur les grilles de Can Cambuix, qui délimitent le jardin situé un peu plus en profondeur des maisons. La rue Rullan i Mir vous conduit rue de la Lluna, l’une des rues les plus anciennes et réputées de Sóller. Là, tournez à gauche. Dans la rue de la Lluna, remarquez la façade de Canbuix (nº 128), ainsi que celle de Can Prunera (nº 90), l’une des plus belles et des mieux conservées de style art nouveau de la ville. Bâtie entre 1900 et 1911, elle combine à la perfection les éléments en pierre, en fer forgé et même en bois. Le portail d’entrée de l’édifice (lequel détient une collection importante de meubles de style art nouveau) mérite de retenir votre attention. La rue de la Lluna recèle d’autres richesses encore, par exemple Can Massana et Can Moana (nº 71 et nº 69), deux maisons de style traditionnel, et la chapelle du Christ Saint, la Capella del Sant Crist. Cette chapelle est consacrée au mystère du XVIe siècle dans lequel la statue du Christ commença à suer du sang. En passant devant la fontaine publique, vous arrivez à la maison de la Lluna (nº 50). Bien que l’histoire de cette maison remonte au XVe siècle, on suppose que la rue du même nom est bien plus ancienne encore. Sur la façane extérieure du bâtiment, regardez le portail en pierres d’angle, la fenêtre du premier étage, ainsi que le bas-relief très particulier en pierre de grés, représentant une lune. En tournant à droite, venant de la rue de la Lluna, vous arrivez dans la rue pavée de l’Hospici, datant du Moyen-Âge, qui vous enchantera certainement. Ici, la résidence de Notre Dame de la Victoire, l’église du Sauveur de l’Hôpital, et la demeure de Moncaire sont plein d’intérêt. La Résidence de Notre Dame de la Victoire, « residència de nostra Dona de la Victòria » se trouve du côte droit de la rue, sur le terrain de l’ancien hôpital des pauvres (1234). Juste à côté, se trouve l’église du Sauveur de l’hôpital, « església de la Sang de l’Hospital ». L’ancien bâtiment de l’église fut érigé pour commémorer la victoire sur les Turcs au XVIe siècle et transformé au XIXe, selon l’esthétique néo-gothique. La nef rectangulaire est recouverte d’une voûte en berceau. Devant le retable, une figurine du fils de Dieu et Sauveur du XVIe siècle est érigée. A l’endroit des chapelles latérales, des niches décorées sont encastrées dans les murs latéraux de la nef, abritant Saint Antoine de Padoue, Notre Dame de la Victoire et Sainte Rita de Càssia. Après avoir visité l’église du Sauveur, traversez la rue et admirez la demeure, la Posada de Montcaire (Hospici, nº 7), qui est magnifique. Cette dernière fut construite vers la fin du XVIIIe siècle, au moment où le style néoclassique commence à s’imposer face au style baroque. Le portail en plein cintre est remarquable et les tuiles de couleurs aux nombreux motifs végétaux sont très bien conservées. Dans la rue Bàlitx, presque en face de la maison Montcaire se trouve l’une des demeures les plus représentatives de Sóller : la Posada de Balitx (nº 7). Cette résidence fut édifiée au XVIIe siècle en style baroque classique et est ainsi encore plus ancienne que la maison Montcaire.
En continuant à flâner jusqu’à la rue de la Victòria de l’Onze de Maig, puis en tournant à gauche, vous rejoignez la rue de la Lluna. Quelques mètres avant d’arriver à la place de la Constitució, la rue de la Lluna vous réserve une dernière surprise : la Posada Can Prohom (nº 16) construite en 1758. Vous remarquerez tout de suite l’avant-corps en bois et apprécierez la vue sur la cour intérieure. De retour à la place de la Constitució, la seconde promenade à travers Sóller, ses églises et ses rues s’achève.
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4. BINIARAIX
En quittant Sóller, juste avant d’entrer à Biniaraix, vous voyez l’ancien pont, reconstruit en 1886 après avoir été emporté par une grande crue. Maintenant, tout en respirant le parfum des orangers et des citronniers, suivez le chemin pentu qui longe le torrent jusqu’au hameau de Biniaraix : autour de vous, vous distinguez les sommets de S’Arrom, Es Cornadors et le Puig de l’Ofre. Juste à l’entrée de Biniaraix, la route se sépare : à gauche, vous empruntez un escalier en pierre, escarpé, qui conduit à la rue de Sant Guillem. Là, attardez-vous un instant à l’ombre des aulnes, afin d’admirer le paysage, comme le faisait le peintre argentin Francesc Bernareggi (1878-1959), alors qu’il vivait dans la petite maison qui s’élève juste au coin (Es Pujador). En haut des escaliers se trouve une petite place avec une fontaine en pierre, appuyée contre le mur de la terrasse et de la maison, dans laquelle habitait le peintre Juli Ramis. Après avoir étanché votre soif et laissé sur votre gauche la rue pavée, Carrer de Sant Salvador, continuez la montée par une rue bordée de maisons imbriquées les unes dans les autres, parfois construites sur les rochers, agrémentée de lampadaires et de nombreuses plantes en pots et…la pierre, toujours la pierre comme élément ornemental. A Biniaraix, le temps semble s´être arrêté. La solitude, le silence et la tranquillité dominent dans ce lieu aux origines médiévales qui semble tout droit sorti d’un conte de fées. Juste après se trouve Ca Ses Monges (Sant Guillem, 9), la bâtisse qui fut jadis un couvent et une école pour les tous petits et les jeunes filles, dirigé par les sœurs de la Charité. La maison voisine s’appelle Ca s’Àngel (Sant Guillem, 7). La petite fenêtre, séparée en deux, surmontée d’un arc brisé indique l’endroit où se trouvait la chapelle du monastère. En face, se trouve Can Beia (Sant Guillem, 12) avec sa façade rustique et son remarquable portail en plein cintre. En continuant, vous trouvez le centre culturel, dont la plaque commémorative en pierre évoque le professeur Miquel Bisbal et l’endroit où était située l’école publique des garçons (Sant Guillem, 1).
Sans s’en être vraiment rendu compte, vous êtes arrivé place de la Concepció. La place et ses maisons avoisinantes, Can Ribera et Can Det, formaient probablement l’ancien domaine musulman de Biniaraix qui fut attribué au chevalier Guillem de Torrella par son oncle, l’évêque de Girona, après la conquête de Majorque par le roi Jaume I. L’entrée principale de Can Det est au nº 2 de la rue de Sant Guillem. Il s’agit d’un beau portail en plein cintre construit avec de longues pierres étroites provenant des grottes de Muleta. La porte est en bois de mûrier et les clous en fer doux. La partie qui avoisine la place est l’ancien moulin à huile. La façade principale de Can Ribera donne sur la rue de la Trinitat (nº 27) et les éléments les plus remarquables sont le portail en plein cintre ainsi que les pierres de taille équarries reliées à la fenêtre supérieure par un linteau. Les murs sont en pierre avec des joints crépis et des incrustations de petites pierres. Le Bâtiment actuel fut édifié en 1580, comme l’indique l’épigraphe sur la corniche. Dans un état de conservation passable, la construction présente une corniche. Dans un état de conservation passable, la construction présente une corniche faite de trois rangées de tuiles toutes décorées, et d’une autre rangée de tuiles de sous-toit non décorées. Il est particulièrement intéressant d’observer la variété des motifs de décoration : végétaux, géométriques, anthropomorphiques, astraux et religieux, ainsi que la représentation de différents outils. Toutes les impressions sont en blanc et en vermeil.
On suppose que la construction de l’église de l’Immaculée Conception, « església de la Immaculada Concepció », de Biniaraix a été entreprise en 1587 sur l’initiative des habitants du village. Celle-ci ne fut terminée qu’en 1634 quand le visiteur épiscopal ordonna d’y ajouter une sacristie et de peindre le retable. L’église fut sécularisée au XIXe siècle et postérieurement rénovée et dotée d’un nouveau retable que l’on peut encore actuellement admirer. Elle fut de 1937 à 1989 vicaria in capite. Cette église ne dispose pratiquement d’aucune façade, puisqu’elle est enclavée dans les maisons. La seule chose visible est le portail principal qui se trouve en haut d’un escalier extérieur en pierre muni d’une simple rampe en fer. Ce portail comprend un arc double en plein cintre sur lequel s’ouvre une fenêtre carrée. A gauche du portail principal se dresse le clocher du XIXe siècle, haut de 19 mètres. Ce dernier est formé de quatre corps, blanchis, à plan horizontal carré et culmine en pyramide à quatre faces, recouverte de carreaux de céramique blanche. Sur la façade sud se trouve un cadran solaire. L’édifice ne comprend qu’une seule nef de 330 mètres carrés et qui atteint une hauteur de 10 mètres. La voûte est en berceau et est composée de cinq parties. De chaque côte de la nef, on compte trois chapelles à voûte d’arêtes. On y pénètre en passant sous des arcs en plein cintre en pierre calcaire. Dans la première partie de l’église se trouve la chœur, soutenu par trois arcs aplatis avec des colonnes aux troncs coniques et aux chapiteaux en pierre de Santany ; il est pourvu d’une clôture en fer et de piliers de bois (XIXe). Les chapelles sont toujours décrites venant du portail d’entrée en allant vers la droite.
L’entrée de l’église se fait par la première chapelle à droite. Ensuite se trouve la chapelle du Cœur de Jésus, « Capella de Cor de Jesús », et enfin celle du Christ saint. Les murs de cette dernière chapelle et ceux de la chapelle où se trouvent les fonts baptismaux sont en partie recouverts de carreaux de céramique bleus. Près du retable se trouve une statue du Christ en pâte d’Olot. Vous arrivez enfin à la sacristie, voûtée en arêtes, dans laquelle est conservé un tableau du XVIIe siècle représentant le purgatoire. La chapelle suivante est la plus grande et est dominée par un imposant retable en bois sculpté représentant l’Immaculée conception. Dans la chapelle des fonts baptismaux, vous pouvez admirer les fonts baptismaux, offerts par la Marquise de Zayas ; il s’agit de l’ancien abreuvoir à chevaux qui se trouvait dans le domaine de Can Ribera. La chapelle de Saint Antoine de Viana, se trouvant sous la protection du domaine de Pla del Bisbe, dispose d’un retable en bois avec une statue de l’abbé Saint Antoine. La dernière chapelle est celle de Saint François, avec un retable baroque provenant de Lloret de Vistalegre et offert par son protecteur, le Baron de Pinopar du domaine de cas Don. La niche centrale est occupée par la statue de SaintFrançois. Les stations de chemin de croix sont intéressantes, car représentées en bas relief encadrées de bois d’acajou, et suspendues aux piliers. Ces derniers furent acquis au début du XXe siècle.
En quittant l’église et en prenant sur la gauche la rue de Sant Josep, vous arrivez à Cas Don (Sant Josep, 10). Il s’agit d’un bâtiment du XVIIe siècle comportant un sobre portail en plein cintre et au centre duquel se trouvent les armes des barons de Pinopar. La façade est entièrement en pierre et possède des joints crépis et des incrustations de petites pierres. Il faut remarquer les fenêtres massives et tout particulièrement les balustrades aux moulures en cordon. Derrière le portail principal commence une cour intérieure pavée autour de laquelle sont disposées les pièces de la maison. Remarquez l’outillage agricole et l’élégant arc surbaissé, qui conduit à la cour intérieure. Sur la façade latérale, sous une colonnade en surplomb, il y avait un trou par lequel les olives étaient déchargées pour être pressées dans le moulin à huile. Dans le tournant, on voit bien le lavoir public encore utilisé de nos jours, datant certainement du XVIIIe siècle. L’eau utilisée provient d’une petite fontaine proche . Remarquez la disposition du lavoir la technique de construction du toit ainsi que le système d’alimentation en eau. Dans le jardin adossé aux maisons, vous trouvez un petit monument élevé à la mémoire des scouts de Sóller (1995).
Retournez sur vos pas par la rue Sant Josep et descendez par la rue de la Trinitat dans laquelle vous trouverez une autre maison avec une corniche décorée, Can Rei (nº 32). Sur votre gauche comme sur votre droite apparaissent des endroits remarquables : la maison au nº 12 ou le petit espace vert (à droite) où l’on accède par un escalier de pierre.
Quelques mètres plus loin, vous découvrez une plaque commémorative en pierre en souvenir du peintre Bernareggi. Vous arrivez ainsi à l’entrée du village où vous retrouvez la rue de Sant Guillem.
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5. S’ALQUERIA DES COMTE
Pour visiter le lieu-dit de S’Alqueria des Comte, quittez Sóller par la rue de la Lluna. La même rue s’appelle un peu plus loin carrer de S’Alqueria des Comte, où tous les points intéressants se concentrent ; elle relie Sóller à biniaraix.
Au nº 18, Can Pepo’rosso, un édifice de style art nouveau qui se caractérise par l’utilisation de pierres de couleur paille aux linteaux de portes et de fenêtres. Un peu plus haut, au nº 51, se trouve la maison du moulin de Can Negre avec son impressionnant portail. Votre prochaine étape est le croisement des chemins de fornalutx et Biniaraix, où se trouvent le pont et la croix de S’Alqueria des Comte, qui fut édifiée en 1886 par une souscription des habitants, pour remplacer l’ancienne qui se trouvait dans une petite chapelle construite quelques mètres plus bas, en 1606, et détruite dès l’année suivante par une crue du torrent. La croix en grès est érigée sur un socle simple, et protégée par une grille de fer. Son fût est octogonal et possède un fleuron en forme de tambour qui supporte la croix. Elle est ornée d’un Christ en relief d’un côté et d’ornements florux au bout des bras. A côte de la croix se trouve Ca Na Lluïsa (Ozones, 1), l’une des constructions les plus typiques, de style art nouveau, de sóller ; elle fut abîmée par des réformes postérieures. En continuant le trajet vers biniaraix, vous arrivez à Ca n’Ozones (Ozones, 8), une maison édifiée en 1791 et plus tard agrandie. Elle possède une façade sobre, un grand portail en plein cintre, un balcon supporté par sept avancées et une simple balustrade de fer. De l’autre côté de la rue, vous apercevez une partie des rigoles d’irrigation de la source de S’Ullet qui jaillitquelques centaines de mètres plus haut et qui fut probablement canalisée du temps de la domination musulmane. Un peu plus loin, terminez votre itinéraire par l’église De S’Alqueria des Comte (Ozones, 26), qui est un ancien oratoire, fondé et aménagé par le père Lluc Colom « Calobra » le 19 septembre1677. En l’an 1694, l’église était déjà achevée et était régentée par deux intendants de la cour nommés par la municipalité qui s’occupaient de l’entretien et du culte. En 1920, l’Evêque confiait l’oratoire à la congrégation de Sant Felip Neri. Les frères acquirent bientôt la maison et les terres adjacentes, ajoutèrent une chapelle à l’église, installèrent le couvent et ouvrirent une école encore en fonction il y a quelques dizaines d’années. L’église est de construction solide, en pierre et en mortier avec des arêtes taillées dont la beauté réside dans leur robuste simplicité. La façade est lisse avec des joints faisant saillie et des incrustations de petites pierres en ornementation. Au-dessus du portail en arc en plein cintre somptueux en grandes pierres taillées, vous pouvez voir une fenêtre de forme arrondie en verre polychrome, représentant une croix. Sur le fronton de devant se trouve une petite croix de pierre et sur celui de derrière, le mur du clocher. Le portail principal est protégé par un auvent en bois et en tuiles. Vous pouvez y entrer par deux portes : par la porte principale, qui donne sur la rue D’Ozones et par la porte latérale qui porte le nº 1 de la rue D’Empúries. L’église est formée d’une nef rectangulaire d’une superficie de 71 mètres carrés et d’une hauteur de huit mètres. Le plafond en voûtes en berceau est partagé en deux parties par un arc doubleau faisant légèrement saillie et reposant sur des piliers lisses. Sur les murs, une corniche très simple et classique, au dessus des piliers, fait le tour de la ref. Le presbytère, est plus étroit que la nef, en forme de trapèze et la voûte en forme d’entonnoir peinte en bleu ciel est décorée d’étoiles en relief. Sur le mur de droite, s’ouvrent deux grandes niches murales encastrées dans le mur sous des arcs en plein cintre. Dans la première niche, se trouve la statue de Saint Augustin, en habit pontifical, avec la crosse et un livre ouvert dans la main droite. Dans la seconde, vous trouvez la statue du Cœur de Jésus. Sur le pilier qui soutient l’arc, sous un dais, se trouve la statue de la Vierge Miraculeuse, soutenue par une console avec un ange en relief. La chapelle principale est consacrée à l’Immaculée Conception. Le retable est en bois et est dominé par un tableau imposant qui selon la tradition fut importée de Rome. L’Immaculée Conception y est représentée, entourée d’anges et des représentations de Saint Lucas et du fondateur en position suppliante. La partie supérieure est occupée par un tableau de Sant Bartomeu pourvu des armes de la famille Colom. Le tabernacle (1907) repose sur un socle en stuc et est couronné par l’agneau pascal sur un fond à plusieurs rayons. L’autel est en marbre gris et est soutenu par cinq colonnes jaspées de rouge. Sur le mur droit de la chapelle, se trouve un tableau de la Passion et sur le gauche, un tableau de la Vierge des Douleurs (XVIIIe siècle). Sur le mur gauche de l’église et dans la première partie se trouve sous un arc, la chapelle de Sant Felip Neri, à plan carré et qui a une voûte d’arête : le retable et l’autel en bois sont dominés par une sculpture sur bois polychrome du Sant Felip Neri en habit sacerdotal représenté en extase sur un nuage. L’image du saint est placée dans une niche murale avec un coquillage. De chaque côte de celle-ci, se trouve une colonne torse à chapiteau corinthien et une tige sur une plinthe, au-dessus de laquelle vous voyez une corniche principale ornée de coquillages sur une frise en relief. L’intérêt principal du retable réside dans un tableau du buste deSant Felip Neri en soutane, avec une barbe blanche et un chapelet dans les mains. Contre le mur droit de la chapelle, il y a un autre autel en bois avec un retable représentant la scène de l’apparition de la Vierge de Lourdes à Bernadette. La niche est encadrée par un arc soutenu par deux colonnes pleines et en parties striées. De chaque côte du retable se trouvent deux statues : celle de Sainte Thérèse de Lisieux, une croix et un bouquet de roses dans les mains, et celle de Saint Antoine de Padoue, l’enfant Jésus dans les bras. Sur le pilier gauche de la nef, se trouve sous un petit dais, la statue de Sainte Thérèse de Jésus en habit de Carmélite, une plume et un livre dans les mains. La niche murale suivante abrite la statue de Saint Joseph, un bâton à la main et l’enfant Jesús sur le bras gauche.
En quittant l’église, nous remarquons de l’autre côte de la rue (Ozones, 23) une maison de style art nouveau populaire avec des ornements fleuris et la clef de voûte des linteaux en bas-relief.
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